13 novembre 2025
Élisabeth Doineau est rapporteure générale de la commission des affaires sociales du Sénat et conseillère départementale de la Mayenne. Elle a accepté de répondre à nos questions et nous le remercions.
En tant que rapporteure générale de la commission des affaires sociales du Sénat, vous jouez un rôle central dans les équilibres de notre protection sociale. En plein examen du PLFSS, quels sont pour vous les enjeux prioritaires pour garantir un système à la fois solidaire, accessible et soutenable ?
ED : Le rôle du PLFSS est de garantir à la fois l’équilibre financier et l’équité de notre système de protection sociale.
Nos priorités doivent être de répondre au défi du vieillissement, d’accompagner les transitions démographiques et sanitaires, tout en préservant l’accès aux soins pour tous. Cela suppose de soutenir les professionnels de santé dans leurs missions, de favoriser la prévention, et de renforcer la soutenabilité financière du système. C’est pourquoi, je milite pour davantage d’efficience de la dépense, pour que chaque euro dépensé soit un euro utile. La solidarité reste le socle, mais elle doit s’articuler avec une gestion responsable des ressources collectives.
Le ROF milite pour la mise en place d’un protocole national de coopération spécifique à la filière visuelle afin d’encourager les échanges au sein de la filière et d’élargir les capacités de l’opticien. Quel regard portez-vous sur cette question ?
ED : La coopération entre professionnels est un levier essentiel pour répondre aux besoins de santé des Français, gage de fluidité et d’optimisation des parcours. Dans la filière visuelle, permettre aux opticiens de travailler davantage en lien avec les ophtalmologistes et les orthoptistes peut contribuer à améliorer l’accès aux soins, notamment dans les territoires où les délais sont encore trop longs. Un protocole national bien encadré, garantissant la qualité et la sécurité des pratiques, me paraît une piste intéressante. Il faut avancer de manière pragmatique, en tenant compte des réalités du terrain, des capacités des professionnels et des attentes des patients.
Vous avez été rapporteure de la loi mettant en place l’expérimentation EHPAD visant à améliorer la santé visuelle des personnes âgées que le gouvernement souhaite généraliser. Dans le contexte de l’accroissement des troubles visuels et de la myopie dans la population générale, comment mieux intégrer les opticiens dans les parcours de santé territoriaux / auprès des publics dépendants- fragiles ?
CM : L’expérimentation menée en EHPAD a démontré que les opticiens peuvent jouer un rôle précieux dans la prévention et le suivi de la santé visuelle des personnes âgées. La généralisation de ce dispositif est une étape importante pour mieux répondre aux besoins des publics fragiles. Plus largement, l’intégration des opticiens dans les parcours de santé territoriaux, en coordination avec les autres professions, permettrait de renforcer le maillage de proximité. L’enjeu est de garantir un dépistage plus précoce, une meilleure prévention et une prise en charge adaptée, au bénéfice des patients comme de notre modèle de sécurité sociale, dont nous fêtons les 80 ans.