08 janvier 2026
Guillaume Garot est député de la Mayenne et auteur de la proposition de loi visant à lutter contre les déserts médicaux, d’initiative transpartisane. Il a accepté de répondre à nos questions et nous le remercions.
ROF : Vous portez depuis plusieurs années une réflexion structurée et transpartisane sur les déserts médicaux, avec une proposition de loi adoptée à l’Assemblée cet été. Quelles sont, selon vous, les conditions pour reconstruire un système de santé plus efficace pour tous les Français ?
GG : Dans nos réflexions sur la santé, et plus particulièrement sur l’accès aux soins, il faut partir de deux constats : premièrement, nous sommes face à une situation déjà extrêmement dégradée, avec un hôpital public en crise et des inégalités de répartition des médecins qui continuent notamment à se creuser entre les territoires. Deuxièmement, il n’y aura pas de solution « miracle ». La proposition de loi de notre groupe transpartisan propose de réguler l’installation des médecins, mais ce n’est qu’une mesure parmi d’autres que nous défendons.
Nous structurons nos propositions en trois axes : mieux répartir nos médecins, démocratiser l’accès aux études de santé, et mieux accompagner ceux qui nous soignent dans l’exercice de leurs missions sur le territoire. Pour mener ce débat, nous privilégions un dialogue régulier avec l’ensemble des parties prenantes – qu’elles soient d’accord ou non avec nous – et une méthode basée sur le consensus entre les membres de notre groupe. Ce qui nous unit, au-delà des clivages partisans, c’est la recherche du bien commun.
Sur le terrain, enfin, rien ne fonctionnera si l’effort n’est pas réparti et coordonné entre l’ensemble des soignants – dont les professionnels de la santé visuelle, bien entendu.
Comment voyez-vous le rôle des professions paramédicales, comme les opticiens, dans l’organisation de la santé de proximité ? Et comment serait-il possible de mieux structurer la coopération au sein de la filière visuelle ?
Les paramédicaux sont au cœur d’un changement de fond dans l’exercice des soins, que nos politiques publiques doivent accompagner. La décennie 2020 sera celle de la montée en puissance de la coordination, de l’exercice collectif, du partage des compétences. En santé visuelle comme dans d’autres professions paramédicales, cela passe par la délégation de nouveaux actes, par un effort important sur la prévention, et par une montée en compétences dans le cadre des formations initiales et continues. À terme, c’est le regard du patient qui doit changer : médecins, infirmiers, pharmaciens, opticiens… sont des parties prenantes d’un seul écosystème, et doivent s’appuient les uns sur les autres pour garantir et faciliter le soin pour toutes et tous.
Dans votre travail parlementaire, quels sujets restent pour vous des priorités dans les mois à venir ?
C’est l’occasion d’apporter une précision importante : dans la définition des politiques de santé – et donc dans la fabrique de la loi – le budget de la Sécurité sociale n’est que la partie émergée de l’iceberg. Nous voyons d’ailleurs dans l’actualité que le débat sur ces sujets est loin d’être clos, et c’est très bien !
Notre proposition de loi transpartisane doit à présent être examinée par le Sénat, c’est donc forcément l’une des priorités de notre groupe pour les mois à venir. Nous avons lancé en parallèle plusieurs travaux de réflexion sur le maillage pharmaceutique et sur les dépassements d’honoraires. Il y a beaucoup à faire, et nous répondrons présent pour apporter des réponses concrètes et efficaces.
Guillaume Garot est député socialiste de la Mayenne depuis 2007. Élu de terrain, il inscrit son engagement politique au service de la justice sociale, de l’alimentation durable et de l’égalité d’accès aux services publics.
Ancien maire de Laval et président de Laval Agglomération (2008-2012), il a également exercé les fonctions de ministre délégué à l’Agroalimentaire dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault (2012-2014).
À l’Assemblée nationale, il s’investit particulièrement sur les questions de santé territoriale : il est vice-président du groupe d’étude « Déserts médicaux et accès aux soins » et a été à l’origine d’une proposition de loi transpartisane visant à lutter contre les déserts médicaux, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale en mai 2025.
Retrouvez l’actualité de Guillaume Garot sur le blog www.guillaume-garot.fr et sur son compte twitter.