22 décembre 2025
À l’issue du cycle des négociations annuelles obligatoires (NAO) relatives aux salaires 2026 dans la branche de l’optique-lunetterie, le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) souhaite apporter un éclairage précis et rappeler le cadre dans lequel s’inscrit sa position.
Depuis l’ouverture des NAO, le ROF a suivi une ligne constante : rechercher en priorité un accord négocié, équilibré et partagé, fondé sur une méthode de responsabilité, de loyauté et de construction collective.
Lors des NAO 2025, cette démarche avait permis l’élaboration d’une proposition commune entre organisations patronales, reposant sur une revalorisation de 1,1 %, proposition à laquelle une partie des organisations syndicales était disposée à répondre favorablement. Ce choix n’avait toutefois pas permis d’aboutir à un accord majoritaire.
Dans le cadre des NAO 2026, le ROF a renouvelé cette approche et proposé, dès l’ouverture des discussions, un travail commun entre organisations patronales. Cette démarche n’a pas abouti, la FNOF ayant refusé toute élaboration conjointe dès les premières phases de la négociation. Les discussions se sont donc poursuivies sans position patronale partagée, plaçant les organisations syndicales face à une alternative sans issue collective. Le ROF déplore que sa proposition d’accord, prenant pourtant en compte la plupart des demandes des organisations syndicales de salariés, n’ait pas été accueillie positivement.
C’est dans ce contexte que l’accord proposé par la FNOF est aujourd’hui mis à signature.
Le ROF respecte ce choix. Il rappelle toutefois que le dialogue social de branche repose sur un équilibre précis prévu par la loi, et qu’un accord signé n’a pas vocation à s’appliquer automatiquement à l’ensemble des entreprises de la branche. Pour produire des effets généraux, un accord doit faire l’objet d’une procédure d’extension par les pouvoirs publics.
Le Code du travail prévoit, dans ce cadre, que les organisations patronales représentatives disposent d’un droit d’opposition à l’extension, lorsque l’accord apparaît déséquilibré ou incompatible avec l’intérêt général de la profession. Ce droit n’est ni automatique, ni discrétionnaire, et ne peut être exercé qu’au moment de la procédure d’extension. Il constitue un mécanisme de régulation du dialogue social, destiné à éviter qu’un accord non partagé du côté des employeurs ne soit étendu sans examen.
Souhaitant préserver un climat de négociation loyal et responsable, le ROF n’a jamais instrumentalisé ce mécanisme. En revanche, lors de la dernière réunion de la CPPNI, et avant que la décision de mise à signature ne soit actée, il a indiqué de manière claire et transparente que, dans l’hypothèse d’un accord non partagé par les organisations patronales, il ferait usage de ce droit dans le strict respect du cadre légal. Cette position était donc connue de l’ensemble des partenaires sociaux.
Le ROF tient également à rappeler que sa représentativité engage sa responsabilité. Par arrêté ministériel du 30 octobre 2025, publié au Journal officiel du 8 novembre 2025, le Rassemblement des Opticiens de France est reconnu comme l’organisation patronale majoritaire de la branche de l’optique-lunetterie de détail (IDCC 1431), avec un taux de représentativité de 83,19 %. Ce poids objectif lui donne une obligation particulière de veiller à la soutenabilité économique des décisions prises dans le cadre du dialogue social pour les entreprises, l’emploi et la stabilité de la filière.
Les NAO sont désormais closes pour l’exercice en cours. Le ROF demeurera pleinement engagé dans un dialogue social exigeant, respectueux et structuré, et abordera les prochaines discussions, prévues au second semestre 2026, avec la même volonté de construction collective, dans l’intérêt de l’ensemble de la profession.