01 octobre 2026
Un article du Cabinet Capstan Avocats Lunettes connectées au travail : l’employeur doit-il encadrer leur usage ? – Capstan et initialement paru à la Semaine sociale Lamy n° 2196 du 7 septembre 2026, il est également disponible en ligne sur Lamyline.fr et Liaisonssociales.fr.:
Longtemps perçues comme un objet de science-fiction, les lunettes connectées s’invitent désormais dans le quotidien. Portées par les progrès de l’intelligence artificielle (IA) et par la commercialisation de modèles à des prix accessibles au grand public, elles ne sont plus réservées à quelques passionnés de technologie.
Cette démocratisation conduit inévitablement ces nouveaux objets connectés à franchir les portes de l’entreprise. Certains salariés portent leurs lunettes connectées sur leur lieu de travail, comme ils le font dans leur vie de tous les jours.
Or, à la différence d’autres objets connectés (montre, écouteurs…), ces lunettes permettent notamment, de manière imperceptible pour les personnes environnantes, de capter des images, des vidéos ou encore des conversations.
Cette évolution soulève de nouveaux enjeux pour les employeurs : peuvent-ils encadrer, voire interdire, le port de lunettes connectées dans l’entreprise ?
Comment concilier les libertés individuelles des salariés avec les impératifs de protection de la vie privée, de confidentialité et de secret des affaires ?
Aujourd’hui, aucun cadre juridique spécifique ne régit le port de lunettes connectées dans l’entreprise : il revient à l’employeur d’en fixer les règles.
L’employeur peut en restreindre, voire en interdire l’usage, de façon générale ou ciblée sur certains espaces, postes ou situations, dès lors que la mesure est justifiée et proportionnée (C. trav., art. L. 1121-1).
Pour être opposable et pouvoir fonder une sanction, la règle doit être formalisée dans le règlement intérieur ou une adjonction à ce dernier, telle qu’une charte.